Dalibor Frioux, Brut

Éditions du Seuil

Dans sa précédente édition, le Prix des lecteurs vous invitait à lire, et élire, parmi six d’entre eux, deux romans sur des thèmes pour le moins singuliers, à savoir, la construction d’un pont pour l’un  le monde globalisé, pour le second. Cette fois, c’est du dieu pétrole qu’il est question dans ce premier roman très novateur. La Norvège, dans un futur proche, les années 201. Tout en suivant les destins croisés de Katrin, ancienne top-model millionnaire reconvertie en bonne mère de famille, de Kurt Jensen, le financier sans scrupules, et de Henryk Larsen, philosophe assez naïf de son état, nous découvrons un pays nanti entre tous sur terre, puisque seul détenteur de réserves d’hydrocarbures dans un monde rivé au sol par une totale Pénurie. Au pays du Nobel, on investit pourtant grâce à cette manne fantastique, dans de multiples actions internationales, toutes empruntes de très bonnes intentions. Mais, dans ce petit paradis, l’extrême-droite frappe aux portes du pouvoir, des enfants décèdent mystérieusement, des zones sombres comme le brut viennent vite fissurer les apparences…

 

Avec cette vaste parabole politique, économique, écologique et – tour de force – souvent lyrique à bien des égards, Dalibor Frioux nous immerge au plus profond dans une réflexion autour de la disparition du brut. Formidablement construit, il s’agit là véritablement d’un faux récit d’anticipation à la tonalité prophétique et proprement glaçante, dont la texture se révèle d’une densité infiniment complexe et puissante comme l’or noir.

 

B. Forest


Vidéo : Dalibor Frioux parle de son roman