Hélène Lenoir, Pièce rapportée

Éditions de Minuit

« Elle l’a appelé pour lui dire qu’elle avait réussi à avoir des places pour le vendredi soir. Contente, ça s’entendait. » Elle, c’est Claire ; Claire qui a gagné une grosse somme au loto, Claire qui doit rejoindre Antoine, Claire qui risque de mourir fauchée par une moto. Et dès ce prologue de 4 pages, avant que ne commence le premier chapitre du roman, on comprend qu’on ne sortira pas indemne du dernier roman de Hélène Lenoir.


Comme dans ses livres précédents, Hélène Lenoir s’empare d’un univers familial bourgeois que l’accident de Claire va brutalement ébranler. Il y a Claire, suicidaire, docile comme l’est sa mère ; Anne, la révoltée qui a fui un père brutal et grossier sans donner de nouvelle. Et Elvire, la mère, précipitée dans le tourbillon de la peur, au chevet de sa fille mourante, laisse les souvenirs affleurer et  reconstitue le puzzle de sa vie pour enfin gagner sa liberté et ne plus être la « pièce rapportée ». Du monologue intérieur qui inaugure le texte à la scène théâtrale où se joue le final familial, Hélène Lenoir écrit dans une langue nerveuse et précise un texte qui nous laisse à bout de souffle.

 

V. Robin


Vidéo : Hélène Lenoir parle de son roman